En bref : Le mémoire DEASS attend une analyse professionnelle d’une question sociale rencontrée sur le terrain, appuyée sur une enquête, des références théoriques et une posture éthique claire. Il ne s’agit pas de raconter un stage, mais de montrer comment vous comprenez une situation sociale, construisez une problématique et dégagez des pistes d’intervention pertinentes pour le travail social. La méthode consiste à partir d’observations de terrain, à transformer un étonnement professionnel en question de recherche, puis à conduire une enquête cohérente auprès d’acteurs concernés. La réussite tient autant à la rigueur du raisonnement qu’à la lisibilité du document final, à sa mise en page, à sa reliure et à la préparation de la soutenance.
Vous êtes peut-être à quelques semaines du dépôt, avec un dossier rempli de notes de stage, d’entretiens, de lectures sur la précarité, la protection de l’enfance, l’accès aux droits ou l’accompagnement social, et une impression persistante : tout est important, mais rien ne semble encore former un mémoire. C’est précisément le moment où le mémoire DEASS prend forme : non pas comme une compilation d’expériences, mais comme une démonstration professionnelle structurée.
Le mémoire du diplôme d’État d’assistant de service social vise à montrer votre capacité à analyser une question sociale issue du terrain, à mobiliser une enquête, à adopter une posture éthique et à penser l’intervention sociale. Il exige de relier les situations rencontrées, les politiques publiques, les paroles des personnes accompagnées et les références théoriques, sans perdre de vue votre futur métier. Ce guide vous aide à construire une méthode fiable, depuis le choix du sujet jusqu’à l’impression et la soutenance, avec une attention particulière à la clarté, à la cohérence et à la qualité du rendu final.
Comprendre ce que l’on attend d’un mémoire DEASS
Le mémoire DEASS n’est ni un rapport de stage, ni un simple exposé thématique. Il s’agit d’un écrit professionnel de recherche appliquée, centré sur une question sociale observée dans un contexte d’intervention. Votre objectif est de montrer que vous savez passer d’une situation concrète à une analyse distanciée, puis à une réflexion utile pour l’action sociale.
L’établissement attend généralement que vous démontriez plusieurs compétences : observer sans juger, interroger les pratiques, mobiliser des concepts, conduire une démarche d’enquête, respecter les personnes concernées et construire une réflexion professionnelle. Le mémoire doit donc articuler terrain, théorie et posture, sans privilégier l’un au détriment des autres.
- Le terrain apporte les situations, les acteurs, les tensions et les besoins repérés.
- Les références théoriques permettent de comprendre ce qui se joue au-delà du cas particulier.
- L’enquête donne de la matière objectivée, même lorsque le sujet est sensible.
- La posture professionnelle montre votre capacité à agir comme futur assistant de service social.
Un bon mémoire ne cherche pas à tout traiter. Il choisit un angle, l’assume et le suit avec rigueur. Par exemple, la question du non-recours aux droits peut être abordée sous l’angle de la relation de confiance, de l’accessibilité administrative, du numérique, du rapport aux institutions ou de l’accompagnement des publics vulnérables. Chaque angle ouvre un mémoire différent.
Partir d’une question sociale de terrain sans se disperser
Le point de départ le plus solide est souvent un étonnement professionnel. Vous avez observé une situation qui revient, un décalage entre les besoins des personnes et les réponses proposées, une difficulté de communication, une tension éthique, une limite institutionnelle. Cet étonnement doit être formulé simplement avant d’être transformé en objet de recherche.
Évitez de commencer par un sujet trop large, comme « la pauvreté », « les violences intrafamiliales » ou « l’insertion des jeunes ». Ces thèmes sont importants, mais ils ne suffisent pas. Il faut les resserrer autour d’un public, d’un contexte, d’un dispositif, d’une difficulté repérée et d’un enjeu professionnel.
| Point de départ trop large | Angle plus exploitable pour le mémoire | Ce que cela permet d’analyser |
|---|---|---|
| Le non-recours aux droits | Le non-recours chez des personnes accompagnées dans un service social polyvalent | La relation à l’institution, la compréhension des démarches, la confiance |
| La protection de l’enfance | La place de la parole des parents dans une mesure d’accompagnement | Le rapport entre soutien, contrôle, adhésion et contrainte |
| L’isolement des personnes âgées | Le repérage de l’isolement lors d’un accompagnement social à domicile | Les signaux faibles, le réseau partenarial, les limites de l’intervention |
| L’insertion professionnelle | Les freins sociaux à l’accès à l’emploi pour des jeunes suivis en structure d’accompagnement | L’articulation entre projet, ressources, logement, mobilité et santé |
Pour cadrer votre sujet, posez-vous trois questions : qui est concerné ? Dans quel cadre la situation apparaît-elle ? Quel enjeu professionnel cette situation soulève-t-elle pour l’assistant de service social ? Cette étape est décisive, car elle évite le mémoire catalogue.
Construire la problématique du mémoire DEASS
La problématique est le cœur du mémoire. Elle ne se limite pas à une question posée en fin d’introduction. Elle organise tout le raisonnement : vos lectures, votre enquête, votre analyse et vos pistes professionnelles. Une problématique réussie fait apparaître une tension, par exemple entre accompagnement et autonomie, accès aux droits et complexité administrative, protection et participation, urgence sociale et temporalité de la relation.
Pour formuler sa problématique, il est utile de partir d’un constat, puis d’identifier ce qui pose question. Le constat décrit ce que vous observez. La tension montre pourquoi cette observation mérite une recherche. La question problématisée ouvre une analyse possible.
Exemple de progression :
- Constat : certaines personnes accompagnées n’engagent pas les démarches auxquelles elles pourraient prétendre.
- Tension : l’accès aux droits suppose une information claire, mais aussi une confiance, une capacité à se projeter et une relation à l’institution.
- Question problématisée : comment l’assistant de service social peut-il favoriser l’accès aux droits lorsque les personnes accompagnées expriment une méfiance envers les institutions ?
Votre problématique doit rester analysable avec vos moyens d’enquête. Si elle exige d’interroger des publics auxquels vous n’avez pas accès, des données confidentielles ou des institutions nombreuses, elle risque de devenir impraticable. Préférez une question ciblée, mais bien traitée, à une ambition trop vaste.
La comparaison avec d’autres mémoires du champ social peut aussi vous aider à comprendre les attentes de structuration. Par exemple, le mémoire CAFERUIS poursuit une logique différente, davantage orientée vers l’encadrement et le pilotage de projet, mais il rappelle une exigence commune : relier une expérience professionnelle à une analyse argumentée.
Choisir une méthodologie d’enquête sociale cohérente
La méthodologie ne consiste pas seulement à annoncer que vous avez fait des entretiens. Elle doit expliquer pourquoi vous choisissez telle enquête, auprès de qui, dans quelles conditions et avec quelles limites. Dans un mémoire DEASS, les méthodes qualitatives sont fréquentes, car elles permettent de comprendre les représentations, les parcours, les pratiques et les expériences vécues.
Les entretiens semi-directifs
L’entretien semi-directif permet d’explorer un sujet tout en laissant la personne développer son point de vue. Il repose sur un guide d’entretien, organisé autour de thèmes, et non sur un questionnaire fermé. Vous pouvez interroger des professionnels, des partenaires, parfois des personnes accompagnées si votre cadre de formation et les règles éthiques le permettent.
Un bon guide d’entretien évite les questions suggestives. Préférez : « Comment décririez-vous les difficultés rencontrées par les personnes dans l’accès à ce dispositif ? » plutôt que « Pensez-vous que le dispositif est trop complexe ? ». La première formulation ouvre l’analyse, la seconde enferme la réponse.
L’observation professionnelle
L’observation peut porter sur des permanences, des réunions, des temps d’accueil, des échanges partenariaux ou des situations d’accompagnement. Elle doit être décrite avec prudence : que regardez-vous ? Pendant quel type de situation ? Avec quelle place ? Quelles limites liées à votre statut de stagiaire ?
L’analyse documentaire
Les textes institutionnels, projets de service, rapports d’activité, chartes, référentiels ou documents d’information peuvent éclairer l’écart entre les objectifs affichés et les pratiques vécues. Ils ne remplacent pas l’enquête, mais ils donnent un cadre à votre analyse.
Quelle que soit la méthode retenue, votre mémoire doit expliciter les conditions de recueil des données, les critères de choix des personnes interrogées, les modalités de traitement et les limites. Une enquête imparfaite mais clairement assumée est préférable à une enquête présentée comme neutre ou exhaustive.
Adopter une posture professionnelle et éthique
Le mémoire DEASS engage votre posture de futur professionnel. Vous travaillez sur des situations sociales parfois fragiles, avec des personnes qui peuvent être en difficulté, en attente d’aide ou en relation de dépendance institutionnelle. L’éthique n’est donc pas un paragraphe décoratif : elle traverse tout le mémoire.
Plusieurs principes doivent guider votre démarche :
- Respecter l’anonymat des personnes, des professionnels et, si nécessaire, des structures.
- Demander les autorisations utiles avant toute observation ou entretien.
- Présenter clairement l’objectif de votre enquête et l’usage des propos recueillis.
- Ne pas confondre relation d’aide et recueil de données.
- Éviter les jugements sur les personnes accompagnées, les familles, les institutions ou les professionnels.
La posture professionnelle consiste aussi à reconnaître votre place. Vous n’êtes ni extérieur au terrain, ni pleinement professionnel titulaire. Votre statut de stagiaire influence ce que vous observez, ce que les personnes vous disent et ce que vous pouvez analyser. Le mentionner n’affaiblit pas votre mémoire : cela montre au contraire une capacité réflexive.
Un mémoire solide ne prétend pas détenir la vérité du terrain. Il montre comment vous avez construit une compréhension argumentée, située et éthiquement maîtrisée.
Structurer le plan pour conduire le lecteur
Le plan doit rendre visible votre progression intellectuelle. Même si chaque établissement propose ses propres consignes, une structure efficace suit souvent une logique en trois mouvements : contextualiser, enquêter, analyser. Cette progression permet au lecteur de comprendre d’où vous partez, comment vous avez travaillé et ce que vous retenez pour la pratique professionnelle.
Une introduction qui installe le sujet
L’introduction présente le contexte, l’émergence du sujet, les constats de terrain, les premières lectures, la problématique et l’annonce du plan. Elle doit donner envie de lire, tout en restant précise. Évitez les généralités trop longues sur « la société actuelle » ou « les mutations du travail social » si elles ne servent pas directement votre sujet.
Un développement qui articule théorie et terrain
Le développement ne doit pas séparer artificiellement les lectures d’un côté et l’enquête de l’autre. Les notions théoriques servent à éclairer les matériaux recueillis. Les résultats d’enquête permettent de discuter, nuancer ou préciser les apports théoriques. Le lecteur doit sentir un dialogue permanent entre vos sources et votre terrain.
Une conclusion ouverte sur la pratique
La conclusion répond à la problématique, rappelle les apports de l’enquête, signale les limites et ouvre sur les enjeux professionnels. Elle peut évoquer des pistes d’intervention, mais sans transformer le mémoire en projet d’action complet si ce n’est pas demandé. L’essentiel est de montrer ce que cette recherche change dans votre compréhension du métier.
Avant la finalisation, relisez chaque partie avec une question simple : ce passage aide-t-il à répondre à ma problématique ? Si la réponse est non, il faut couper, déplacer ou reformuler.
Soigner l’écriture, les annexes et la mise en page du mémoire DEASS
L’écriture du mémoire doit être claire, professionnelle et précise. Le style attendu n’est pas littéraire, mais argumentatif. Chaque paragraphe doit porter une idée, appuyée par une observation, une référence, un extrait d’entretien ou une analyse. Les transitions sont essentielles pour montrer le fil conducteur.
Les citations d’entretiens doivent être choisies avec discernement. Elles ne sont pas là pour remplir des pages, mais pour soutenir une interprétation. Après chaque extrait, expliquez ce qu’il révèle : une représentation, une difficulté, une tension, une pratique, un rapport à l’institution. Sans analyse, la citation reste illustrative.
Les annexes doivent être utiles : guide d’entretien, grille d’observation, documents institutionnels autorisés, tableau d’analyse, éléments méthodologiques. Elles ne doivent pas contenir d’informations identifiantes ni de documents confidentiels. Vérifiez toujours les consignes de votre établissement sur leur présentation.
- Uniformisez les titres, intertitres, marges et numéros de page.
- Vérifiez la cohérence de la bibliographie avec les références citées.
- Contrôlez les anonymisations dans le corps du texte et les annexes.
- Relisez les introductions et conclusions de parties, souvent déterminantes pour la compréhension.
- Exportez un fichier final propre, généralement en PDF selon les consignes de dépôt.
La forme ne remplace pas le fond, mais elle conditionne fortement la lecture. Un mémoire bien présenté donne immédiatement une impression de sérieux. À l’inverse, une pagination instable, des annexes mal placées ou des titres incohérents peuvent gêner l’évaluation d’un travail pourtant solide.
Préparer l’impression, la reliure et la soutenance
Quand le fond est validé, il reste une étape souvent sous-estimée : transformer le fichier en exemplaire imprimé fiable, agréable à consulter et conforme aux consignes. Anticipez la reliure, le nombre d’exemplaires, les éventuels dépôts à plusieurs adresses, la présence d’annexes et les délais. Cette étape doit être sécurisée, surtout lorsque la date de remise approche.
Avant d’envoyer votre fichier, contrôlez la version définitive. Le nom du fichier, la page de garde, les remerciements, le sommaire, la pagination, la bibliographie et les annexes doivent correspondre. Si vous faites faire imprimer son mémoire en ligne, privilégiez un atelier habitué aux mémoires universitaires et professionnels : vérification humaine des fichiers avant impression, papier supérieur 100g, impression sur tranche offerte, devis immédiat personnalisé, livraison multi-adresses et possibilité d’expédition internationale.
La livraison le lendemain avant 13h partout en France avec Chronopost peut être précieuse lorsque le calendrier est serré, mais elle ne dispense pas d’une dernière relecture méthodique. L’objectif est d’éviter les erreurs de dernière minute : mauvaise version jointe, pages blanches inattendues, annexes absentes, couverture non conforme ou oubli d’un exemplaire.
Pour la soutenance, préparez une présentation plus synthétique que le mémoire. Vous n’avez pas à tout répéter. Mettez en avant l’origine du questionnement, la problématique, la méthode d’enquête, les principaux résultats, les limites et les apports pour votre posture d’assistant de service social. Entraînez-vous à expliquer vos choix, car le jury évalue autant votre raisonnement que votre capacité à prendre du recul.
Cas particuliers
Échéance courte avant le dépôt
Si la date approche, priorisez les tâches qui sécurisent l’évaluation : cohérence de la problématique, lisibilité du plan, conclusion, bibliographie, anonymisation et conformité du fichier. Ne réécrivez pas tout au dernier moment. Pour l’impression, utilisez un fichier PDF final et prévoyez une solution de livraison rapide afin de limiter le stress.
Mémoire volumineux ou en plusieurs tomes
Lorsque le mémoire comporte de nombreuses annexes, vérifiez si votre établissement accepte ou recommande une séparation entre le corps du mémoire et les annexes. Un tome principal plus maniable facilite la lecture du jury, tandis qu’un tome d’annexes bien ordonné permet de consulter les éléments de preuve. La reliure doit rester pratique, solide et clairement titrée.
Dépôt à distance ou en plusieurs lieux
Certains parcours imposent l’envoi d’exemplaires à différents destinataires, ou un dépôt physique complété par un dépôt numérique. Dans ce cas, préparez une liste précise : nombre d’exemplaires, adresses, noms des destinataires, format demandé et date limite. Une livraison multi-adresses peut éviter des déplacements et réduire les risques d’oubli.
Consignes spécifiques de l’établissement
Les consignes de page de garde, de reliure, de pagination, d’anonymisation ou de présentation des annexes varient selon les centres de formation. Elles priment toujours sur les habitudes générales. Avant impression, comparez votre fichier point par point avec le guide remis par votre établissement, notamment pour le titre, les mentions obligatoires et les modalités de dépôt.
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Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un mémoire DEASS doit démontrer ?
Un mémoire DEASS doit montrer votre capacité à analyser une question sociale à partir du terrain, avec une enquête et des références adaptées. Il doit également rendre visible votre posture professionnelle, votre réflexion éthique et votre compréhension du rôle de l’assistant de service social.
Comment trouver un bon sujet de mémoire DEASS ?
Le plus efficace est de partir d’un étonnement vécu en stage ou en situation professionnelle. Repérez une difficulté récurrente, une tension dans l’accompagnement ou un écart entre les besoins des personnes et les réponses proposées, puis resserrez le sujet autour d’un public, d’un contexte et d’un enjeu professionnel.
Comment construire la problématique d’un mémoire d’assistant de service social ?
La problématique se construit en transformant un constat de terrain en question d’analyse. Elle doit faire apparaître une tension professionnelle et rester compatible avec votre enquête, vos accès au terrain et les consignes de votre établissement.
Quelle méthode d’enquête utiliser pour un mémoire DEASS ?
Les entretiens semi-directifs, l’observation et l’analyse documentaire sont souvent pertinents pour comprendre les pratiques, les représentations et les parcours. Le choix dépend de votre sujet, de votre terrain d’accès et des règles éthiques applicables aux personnes concernées.
Comment respecter l’éthique dans un mémoire DEASS ?
Vous devez anonymiser les personnes et les structures si nécessaire, demander les autorisations utiles et expliquer clairement l’usage des informations recueillies. Il faut aussi éviter les jugements et distinguer votre rôle de stagiaire, votre posture d’enquête et la relation d’aide.
Quand préparer l’impression du mémoire DEASS ?
Il est préférable d’anticiper dès que la version finale est presque stabilisée, afin de vérifier la mise en page, les annexes, la pagination et la conformité aux consignes. Avant impression, exportez un PDF définitif et choisissez une reliure adaptée à la lecture du jury et aux modalités de dépôt.
Pour la remise du dossier, les exemples de mémoires reliés donnent une idée du rendu final, et le prix d’impression d’un mémoire s’obtient en quelques secondes.
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